Le code NAF 4291Z regroupe les entreprises spécialisées dans la construction d'ouvrages maritimes et fluviaux, un secteur stratégique de l'économie française. Cette activité englobe la réalisation d'infrastructures portuaires, de digues, d'écluses, de barrages fluviaux et de tous les aménagements nécessaires à la navigation et à la protection des littoraux. Ces travaux de génie civil spécialisé requièrent des compétences techniques pointues et des équipements adaptés aux milieux aquatiques.
Les entreprises du secteur conçoivent et construisent les quais, jetées, môles et appontements indispensables au fonctionnement des ports de commerce et de plaisance. Ces structures doivent résister aux contraintes marines comme la corrosion, les marées et les tempêtes. La France compte plus de 320 ports et havres, générant un chiffre d'affaires annuel de 2,1 milliards d'euros pour les activités portuaires.
La construction d'épis, de brise-lames et de digues constitue une activité majeure face aux enjeux de protection du littoral. Avec 5 500 kilomètres de côtes, la France investit massivement dans ces équipements. Le Plan national de gestion intégrée du trait de côte mobilise 230 millions d'euros sur la période 2022-2026.
Les écluses, barrages mobiles et chenalisations permettent de maintenir la navigabilité des voies d'eau intérieures. Le réseau français s'étend sur 8 500 kilomètres de voies navigables, avec 1 500 écluses à entretenir et moderniser régulièrement.
Les entreprises utilisent des techniques spécifiques comme le battage de palplanches, le fonçage de caissons et l'enrochement. Les travaux s'effectuent souvent en milieu immergé avec des moyens nautiques spécialisés : grues flottantes, dragues aspiratrice et pontons de travail.
Le béton haute performance, les aciers inoxydables et les géotextiles constituent les matériaux de référence. Les enrochements naturels restent privilégiés pour leur durabilité et leur intégration paysagère. L'utilisation de matériaux recyclés se développe, avec notamment la valorisation de sédiments de dragage.
| Type d'ouvrage | Durée de vie moyenne | Coût moyen au ml |
|---|---|---|
| Quai en béton | 50-80 ans | 2 000-5 000 € |
| Digue enrochée | 30-50 ans | 800-2 500 € |
| Écluse | 80-100 ans | 15-25 millions € |
Les entreprises du code NAF 4291Z relèvent de la Convention collective nationale des travaux publics (IDCC 1702), applicable depuis le 15 décembre 1992. Cette convention couvre l'ensemble des activités de construction d'infrastructures et définit les classifications professionnelles spécifiques aux métiers du secteur.
La convention distingue plusieurs catégories d'emplois adaptées aux spécificités des travaux maritimes et fluviaux : ouvriers spécialisés en travaux subaquatiques, conducteurs d'engins flottants, et techniciens en hydrographie. Les coefficients salariaux s'échelonnent de 150 pour les manœuvres à 375 pour les techniciens supérieurs.
La convention prévoit des dispositions spéciales pour les travaux en milieu aquatique : indemnités de mobilité géographique, prime de risque pour les interventions subaquatiques et aménagements du temps de travail liés aux contraintes de marées.
Tout projet nécessite une autorisation environnementale au titre de la loi sur l'eau, délivrée par la préfecture après étude d'impact. La procédure peut s'étendre sur 18 à 24 mois selon la complexité du dossier. Les entreprises doivent également respecter les directives européennes Habitats et Oiseaux.
Les ouvrages doivent répondre aux Eurocodes, notamment l'Eurocode 7 pour les fondations et l'Eurocode 1 pour les actions des vagues. Le fascicule 62 du CCTG (Cahier des Clauses Techniques Générales) définit les règles de l'art pour les travaux de fondations profondes.
Le secteur emploie environ 15 000 personnes réparties dans 450 entreprises spécialisées. Le chiffre d'affaires global atteint 2,8 milliards d'euros annuels, avec une croissance moyenne de 3,2% sur les cinq dernières années. Les grands groupes comme Bouygues TP, Vinci Construction et Eiffage concentrent 60% du marché.
Le développement de l'éolien offshore génère de nouvelles opportunités avec la construction de bases portuaires dédiées. Les quatre parcs éoliens en mer attribués représentent 600 millions d'euros d'investissements portuaires. La modernisation du réseau fluvial, dans le cadre du plan France Relance, mobilise 200 millions d'euros supplémentaires jusqu'en 2025.
Les principaux emplois comprennent les conducteurs d'engins de chantier, les scaphandriers-soudeurs, les topographes et les chefs de chantier spécialisés. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée représente un défi majeur, avec 2 500 postes non pourvus selon la Fédération nationale des travaux publics.
Les formations vont du CAP Constructeur de routes au diplôme d'ingénieur en génie civil option génie côtier. L'École nationale des ponts et chaussées et l'École centrale de Nantes proposent des spécialisations reconnues. Les formations continues en sécurité subaquatique et conduite d'engins flottants sont dispensées par des organismes agréés comme l'OPPBTP.