Le commerce de gros de fleurs et plantes représente un maillon essentiel de la filière horticole française. Cette activité, identifiée par le code NAF 4622Z, consiste à acheter, stocker et revendre des fleurs coupées, des plantes vertes, des plantes fleuries et des végétaux d'extérieur auprès de détaillants, fleuristes, jardineries et collectivités. Avec un chiffre d'affaires national estimé à plus de 800 millions d'euros, ce secteur emploie environ 15 000 personnes et joue un rôle déterminant dans l'approvisionnement du marché français de l'horticulture ornementale.
Les grossistes en fleurs et plantes manipulent une large gamme de produits végétaux. Les fleurs coupées représentent environ 40% du volume d'affaires, incluant les roses, chrysanthèmes, tulipes et autres variétés saisonnières. Les plantes vertes d'intérieur constituent 35% du marché, tandis que les plantes fleuries et les végétaux d'extérieur se partagent les 25% restants.
Cette activité nécessite une logistique particulièrement sophistiquée en raison de la périssabilité des produits. Les entreprises du secteur maintiennent des entrepôts climatisés et utilisent des véhicules frigorifiques pour préserver la fraîcheur des végétaux. La rotation des stocks est cruciale, avec une durée moyenne de stockage de 3 à 5 jours pour les fleurs coupées.
L'Île-de-France concentre 28% des entreprises du secteur, principalement autour du marché de Rungis qui demeure la référence européenne. Les Pays de la Loire représentent 18% du marché, suivis par la région PACA avec 15%. Ces régions bénéficient soit de la proximité des centres de consommation, soit d'un climat favorable à la production horticole.
Le marché aux fleurs de Rungis traite annuellement plus de 150 millions de tiges de fleurs coupées. Cette plateforme centralise les flux d'importation européens et l'approvisionnement des grossistes nationaux. D'autres marchés régionaux comme Lyon-Corbas ou Marseille complètent ce réseau de distribution.
Les entreprises du code NAF 4622Z relèvent de la Convention collective nationale du commerce de détail de fleurs, graines, engrais, animaux de compagnie et aliments pour ces animaux (IDCC 1978). Cette convention, étendue par arrêté ministériel, définit les classifications professionnelles, les salaires minima et les conditions de travail spécifiques au secteur.
Le secteur se caractérise par des horaires de travail matinaux, souvent dès 4h du matin pour les approvisionnements. Les pics d'activité saisonniers (fête des mères, Toussaint, Saint-Valentin) nécessitent une flexibilité particulière des équipes. La pénibilité liée à la manutention et aux températures fraîches des entrepôts est prise en compte dans les accords salariaux.
Les grossistes doivent respecter les réglementations phytosanitaires européennes, particulièrement strictes pour les importations. Le passeport phytosanitaire européen est obligatoire pour la circulation des végétaux depuis 2019. Les entreprises doivent tenir des registres de traçabilité et subir des contrôles réguliers des services vétérinaires.
L'étiquetage des produits doit mentionner l'origine, les traitements éventuels et les conseils d'entretien. Les normes AFNOR définissent les critères de qualité pour les principales variétés commercialisées. La certification Plante Bleue, bien que non obligatoire, devient un avantage concurrentiel reconnu.
Le développement des plateformes de vente en ligne transforme les circuits de distribution. Les grossistes développent de plus en plus des services B2B digitaux, permettant aux détaillants de passer commande 24h/24. Cette évolution représente déjà 15% des transactions du secteur.
La sensibilité environnementale croissante des consommateurs influence les stratégies d'approvisionnement. Les grossistes privilégient de plus en plus les productions françaises et européennes, réduisant les importations lointaines. Cette tendance soutient le développement de l'horticulture nationale.
| Indicateur | Valeur 2023 | Évolution |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires sectoriel | 820 millions € | +3,2% |
| Nombre d'entreprises | 2 850 | -1,8% |
| Effectifs salariés | 14 500 | +0,5% |
| Export/Import ratio | 0,35 | +0,05 |
Le secteur fait face à plusieurs défis structurels : concentration des acteurs, pression sur les marges et concurrence des importations. Cependant, les opportunités de développement existent dans les segments premium, les services à valeur ajoutée et l'accompagnement technique des détaillants. L'évolution vers des modèles hybrides combinant grossiste traditionnel et services numériques représente un axe de croissance prometteur pour les prochaines années.